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Dans le nº d’octobre 2007 du périodique américain Wired, un court essai de Thomas Goetz « Freeing the Dark Data of Failed Scientific Experiments » prône une meilleure publication, diffusion et accessibilité des données de recherche « négatives » des chercheurs et scientifiques.

Pour qualifier ces données qui selon lui s’entassent dans le tiroir d’un classeur de laboratoire (« It ends up stuffed in some lab drawer ») — l’image est un peu datée cependant ! — l’auteur utilise l’expression « dark data », par analogie avec la « dark matter » de l’univers, théorie en astrophysique à propos de la matière noire non visible et indétectable par des observations directes, mais qui existe hypothétiquement puisque la matière « visible » de l’univers est concrètement insuffisante pour expliquer tous les effets de la gravité.

Goetz mentionne brièvement plusieurs initiatives intéressantes auxquelles il faudra revenir plus en détail éventuellement : Public Library of Science (PLoS) [url/ang], Palimpsest Project de Google (toujours en développement) et le Journal of Negative Results in Biomedicine (JNRB) [url/ang]. L’auteur mentionne également deux initiatives qui diffusent ouvertement, non pas des résultats négatifs, mais dans le cas de Nature Precedings [url/ang] du périodique scientifique Nature des prépublications (ou « preprints »), soit des articles qui n’ont pas été révisés par un comité scientifique d’une publication et dans l’autre exemple, la pratique de l’open notebook Jean-Claude Bradley, ce dernier rendant plutôt compte ouvertement de son travail de recherche en chimie organique via un blog collaboratif Useful Chemistry [url/ang], ainsi qu’un wiki [url/ang].

Il est ici pertinent de se demander en quoi les données de recherche d’expérimentations négatives peuvent être bien utiles. Goetz mentionne à ce sujet l’essor de vastes « études des études » (« studies of studies »), comptabilisant les données de centaines, voir des milliers de recherches, permettant de retrouver le chainon manquant dans une recherche particulière (« Your dead end may be another scientist’s missing link »). Il affirme même que l’accessibilité de toute cette masse documentaire (« freeing up dark data ») pourrait faire avancer la recherche à pas de géant notamment dans les domaines de la génétique, des neurosciences et des biotechnologies.

Il sera utile de revenir sur les différentes initiatives évoquées dans cet article et clarifier — et départager — entre autres les concepts de « dark data » de ceux d’information blanche (information accessible et répertoriée) et d’information grise (information accessible, mais non répertoriée) afin de ne pas rajouter inutilement un concept de plus et ainsi ne pas brouiller — « sémantiquement » — ce que nous savons déjà de l’information noire (information inaccessible et protégée) qui n’est évidemment pas du tout la même chose. Il faut également bien départager les données des résultats de recherche. Dans les initiatives mentionnées plus haut, la confusion règne peut-être encore, car il s’agit pour l’essentiel de rendre accessible des résultats qui n’ont pas été publiés, qui se révèlent négatifs ou qui n’ont pas été « validés » — certes c’est une première étape ! — des données de recherche elles-mêmes, celles-ci pouvant représenter plusieurs téraoctets d’informations réparties sur de multiples bases de données, aux formats probablement incompatibles, au niveau d’accès variés, etc.

Nous y reviendrons assurément, car la problématique est vaste et touche les domaines du financement de la recherche, de la propriété intellectuelle, de l’espionnage industriel, mais également de la saine gestion et organisation de l’information en entreprise qui passe forcément par les archivistes et les spécialistes de l’information. Pour l’instant, l’article de Thomas Goetz est disponible dans son intégralité sur le site du périodique Wired [url/ang].

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Source(s)

Goetz, Thomas. 2007. Freeing the Dark Data of Failed Scientific Experiments. Wired 10 (15)

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