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On me demande un jour : « Comment faire sens des Bee Gees dans ta discographie personnelle ? ». Effectivement — et a priori — très éloigné de tout ce qui semble me rejoindre musicalement, je réponds en mentionnant leur professionnalisme, leur talent de compositeurs, de réalisateurs et de producteurs (Barry et Robin Gibb auront fort probablement — encore aujourd’hui ! — réalisé et produit en 1980 le meilleur album de Barbra Streisand : Guilty). Ce sont de bons musiciens également. Je mentionne ensuite avec plus d’assurance l’album Odessa (1969), gigantesque album double à la pochette de velours rouge et au lettres d’or ! — leur Blonde On Blonde (Dylan, 1966) ! — leur Sgt. Pepper (Beatles, 1967) ! — leur Electric Ladyland (Hendrix, 1968) ! — rien de moins. Odessa (City on the Black Sea), la pièce qui ouvre le disque est d’une durée de plus de 7 minutes 30 secondes, raconte l’histoire du Capitaine Richardson, perdu en mer un 14 février 1899, à la dérive sur un iceberg, et qui évoque avec tristesse son amour [aussi perdu] pour sa belle Odessa. Tout le côté A est très fort, 3 pièces pleines d’envolées de cordes; proche du rock progressif; tirant sur le psychédélique avec les vocalises qui confirment (avant l’époque falsetto) la véritable force des voix chez les frères Gibb.

Puis, j’en arrive à l’album Main Course (1975) et les liens que l’album cultive avec le rhythm and blues et la musique soul. À cette époque, les Bee Gees sont déjà riche d’une séparation; d’une reformation et de plusieurs relocalisations géographiques : l’Île de Man (naissance), l’Australie (formation), l’Angleterre (émergence) puis la Floride (consécration). Main Course, c’est leur première et véritable musique de style r&b/disco mais ils en sont déjà à leur… 13e album ! La suite est connue.

À partir de ’75 jusqu’à ’79 — en passant par l’énorme bande originale du film Saturday Night Fever (1977) — ils définissent et imposent internationalement un son — surtout vocalement — qu’il leur est propre (difficile à reproduire et ridicule à copier) et une manière de faire (compositions, productions). Cela en soi demeure un phénomène musical et culturel qui mérite l’attention.

Cela dit, pour une chanson comme Wind Of Change (de Gibb et Gibb), c’est curieusement le texte qui m’accroche avant tout :

In the streets of New York City/ev’ry man can feel the cold/And I don’t want no pity/but I want my story told.
« Dans les rues de New York/chaque homme ressent le froid/Et je ne veux aucune pitié/mais je veux mon histoire racontée » [ma traduction]

Puis surtout :

there’s no room for us out there/you can lose your hope and pride/When it comes to broken dreams/you’ll get your share/Sometime a man breaks down/and the good things he is looking for/are crushed into the ground
« il n’y a pas de place pour nous là-bas/vous pouvez perdre espoir et fierté/Quand il s’agit de rêves brisés/vous obtiendrez votre part/Parfois un homme se brise/et les bonnes choses qu’il cherche/sont écrasées sur le sol » [ma traduction]

Ce n’est pas le succès disco régulier ! Et le refrain : Get on up, look around/can’t you feel the wind of change?/Get on up, taste the air/can’t you see the wind of change. Et solo de Joe Farrell (sur disque), saxophoniste habituellement associé au hard bob et à l’étiquette CTI.

Dans la vidéo plus bas, ils sont en tournée vers 1979. Il y a un dynamisme évident, voire assez entrainant (même seul dans son salon). Le montage me laisse perplexe cependant. Ça sent la « construction » : en partie captation en directe mais aussi montage de plan tournée visiblement sans la foule. Puis tous ces cris en délire qui arrivent toujours au bon endroit ?! Bref, Wind Of Change… effectivement, puisque quelques mois plus tard, London Calling (1979) des Clash est publié. Il y aura du vrai changement dans l’air et musicalement ce sera beaucoup plus intéressant.

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