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Publication des (vraies !) mémoires d’une faussaire littéraire : « Can You Ever Forgive Me? Memoirs of a Literary Forger » (Simon & Schuster, 2008 [url/ang]). Lee Israel, personnage complexe, est effectivement une biographe (également journaliste) qui a littéralement volé au début des années quatre-vingt-dix, nombres de documents d’archives, falsifié elle-même des centaines de documents — très souvent des lettres autographes, reprenant les signatures d’auteurs connus pour ensuite carrément les replacer dans des archives ou encore les revendre sur le marché des antiquaires et des bouquinistes. Confessions à faire frémir les archivistes puisqu’elle décrit dans son livre l’ensemble de ses techniques de travail… et de vol ! The New York Times publie un portrait d’elle [url/ang] ainsi qu’une galerie d’images [url/ang]. Thomas Mallon, auteur de l’ouvrage « Stolen Words: Forays Into the Origins and Ravages of Plagiarism » [url/ang], suggère, toujours dans les pages du New York Times [url/ang], qu’Israel a écrit « a slender, sordid and pretty damned fabulous book about her misadventures » et qualifie Israel de « sharp, gallant characters as Dawn Powell and Helene Hanff (…) ». Le magazine Newsweek signale même [url/ang] que le livre « at times unravels like a good heist movie. » En effet, une adaptation cinématographique est même semble-t-il déjà prévue !

Au-delà de cet accueil, disons-le pour le moment plutôt favorable, aux mémoires d’une personne qui aura été traquée par le FBI, plus tard condamnée pour larcin et fraude à 5 ans de probation et à six mois de résidence surveillée; qui a fourvoyée et bernée plus d’un bouquiniste et institution de renommée et dont certaines conséquences de ses fraudes et falsifications sont encore présentes et lisibles, la réhabilitation est effectivement plutôt réussie. Mais Israel a purgé sa peine ! À en croire l’un des commentaires à propos du livre et accessible via le site de vente en ligne Amazon.com [url/ang], émis par l’un de ceux ayant semble-t-il alertés (difficile à vérifier) le FBI des opérations de Lee Israel — David H. Lowenherz, lui-même grand spécialiste et collectionneur de lettres autographes [url/ang] — la réception positive de la presse ne jette pas assez de lumière sur les conséquences négatives de cette affaire, tant financières qu’humaines, et appel même à (re)questionner la légitimité des profits engrangés par l’auteur alors même que certaines victimes n’ont toujours pas été dédommagées.

Un autre paradoxe de cette étrange affaire veut que deux des lettres falsifiées par Israel — alors attribuées à l’auteur britannique Noël Coward — se retrouvent toujours publiées dans l’édition de sa correspondance [url/ang]. L’éditeur les retirera de l’édition paperback en 2009.

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