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Très, très triste nouvelle qu’est le décès vendredi 12 septembre dernier de l’auteur américain David Foster Wallace. Il avait 46 ans.

La nouvelle m’est parvenue en premier lieu via la liste de discussions et d’échanges sur l’auteur William Gaddis, reprenant la nouvelle publiée dans The New York Times [url/ang] en provenance de l’Associated Press. Ce dimanche, deux textes toujours dans le New York Times résument quelques faits marquants de sa trajectoire, soit celui de Timothy Williams [url/ang]  et celui de Michiko Kakutani [url/ang]. La nouvelle fait maintenant le tour d’est en ouest des États-Unis et également en Angleterre.

Unanimement considéré comme un des auteurs les plus doués de sa génération, et ce, dès la publication de son premier roman « The Broom of the System » (1987) à 24 ans et suivi de son premier recueil de nouvelles « Girl With Curious Hair » (1989).

Son roman le plus ambitieux, « Infinite Jest » de 1996 [url/ang], est d’ores et déjà une œuvre phare de la littérature américaine et le restera certainement pour longtemps encore. L’immense plaisanterie sans fin de plus de 1000 pages — incluant 100 pages pour 388 notes ! — est forcément difficile à résumer. On peut rapidement en dire qu’il est une course pour la prise de contrôle d’un film, « Infinite Jest », si amusant, si parfait dans sa forme et son contenu, qu’il cause au public qui le regarde à progressivement entrer dans un coma et littéralement mourir de plaisir à force de le regarder. L’une des très grandes curiosités du livre réside dans les efforts d’un groupe, parmi d’autres, de séparatistes québécois à prendre contrôle du négatif du film, d’en assurer les copies et la distribution aux États-Unis et d’assister bien calmement à la mort des spectateurs américains dans les salles. L’on ne saurait s’arrêter seulement à cette histoire au grand risque d’en réduire la portée et le contenu. Le livre foisonne de personnages et procède dans de multiples directions. Avec humour, ironie et sarcasmes, mais aussi beaucoup de sérieux, Wallace développe une des réflexions les plus pertinentes — et toujours d’actualité — sur l’impact du divertissement dans la société actuelle et le désir qu’on tous et chacun de continuellement se retrouver, narcissiquement, dans les médias de masse qu’ils consomment. Entre autres…

Grand romancier, il faut également reconnaître qu’il avait su, plus que d’autres de sa génération peut-être, naviguer entre la fiction et la forme documentaire, avec des essais pour la plupart commandés par d’importants périodiques américains tels Rolling Stones, The Atlantic, The New Yorker, Harper’s, Esquire et Premiere. Son essai pour Rolling Stone, « The Weasel, Twelve Monkeys And The Shrub. Seven Days In The Life Of The Late, Great John McCain » [url/ang (texte partiel)], publié à l’occasion de la course à l’investiture du parti républicain américain en 2000 demeure particulièrement intéressant à (re)lire en ce moment même, car le portrait que fait l’auteur de John McCain n’est certes pas éloigné de ce que l’on connait aujourd’hui de l’homme, huit ans après, mais le texte permet de prendre la mesure des stratégies politiques de McCain qui à l’époque affrontait — et s’opposait même ! — à Georges W. Bush pour l’investiture du parti et se trouve aujourd’hui même son plus fervent continuateur. En juin dernier, une nouvelle version plus complète de ce texte paraissait [url/ang] et il reste certainement le portrait des plus lucides — ni pro, ni anti — sur John McCain.

D’autre part, David Foster Wallace enseignait depuis 1993 à la Illinois State University (Normal, Illinois) et depuis 2002 était devenu le premier Roy E. Disney Professor of creative writing au Pomona College (Claremont, Californie).

On peut écouter et regarder deux entretiens avec Charlie Rose pour son émission en 1996 et 1997. Le premier est une table ronde entre les trois auteurs David Foster Wallace, Jonathan Franzen et Mark Leyner [url/ang/17m 01s] et le second entretien, seul, au moment de la sortie de son recueil « A Supposedly Fun Thing I’ll never do Again » [url/ang/32m 37s].

En traduction française, deux livres seulement, soit justement son recueil d’essais et de chroniques intitulé « Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas » [url/fr | pdf/fr (extrait)] originalement publié en 1997 (« A Supposedly Fun Thing I’ll never do Again » [url/ang]) et « Brefs entretiens avec des hommes hideux » [url/fr | pdf/fr (extrait)] publié en 1999 (« Brief Interviews With Hideous Men » [url/ang]), tous deux traduits chez l’éditeur Au Diable Vauvert en 2005. On peut d’ailleurs trouver sur le site de l’éditeur les premières pages de ces deux ouvrages en téléchargement libre.

Reste à souhaiter, malgré l’événement tragique que représente le suicide de cet écrivain considérable, que soit traduit le reste de son œuvre entière. C’est essentiel.

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