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Ce billet est replacé en une de ce blog 5 ans après sa rédaction initiale en 2008. Qu’est-ce qui a changé ? Pas grand chose… sauf la fraîcheur de Barack Obama, le Président. Je constate aussi l’impermanence des URL qui demande pour la plupart à être modifiés. Il y a cinq ans, c’était un exercice. Aujourd’hui, j’ai le goût d’explorer — et de célébrer — de la même manière des documents plus contemporains, plus proches de ma géo-stratégie. Mais, ce billet est aussi, de très loin, le plus consulté de mon blog. Comme quoi, Lincoln serait mon lost leader!

Certainement l’un des plus célèbres discours de l’histoire des États-Unis — et l’un des plus courts : 2 minutes ! — fût prononcé le 19 novembre 1863 vers 15 h, il y a 145 ans, 150 ans par Abraham Lincoln lors de la cérémonie de consécration du champ de bataille de Gettysburg en Pennsylvanie, une bataille sanglante blessant plus de 57 000 hommes, en plus de voir mourir près de 8 000 soldats, issus des armées de l’Union et de la Confederation les 1er, 2 et 3 juillet de cette même année.

Il existe cinq versions de ce discours et elles sont rendues accessibles notamment par une initiative intéressante de l’Institut for the futur of the book [url/ang]. L’Institut a développé le logiciel Sophie [url/ang] permettant l’écriture et la lecture de documents « média enrichi », ainsi que le Sophie Reader, un lecteur pour visualiser les documents produits avec le logiciel. Dans cet exemple-ci, le produit final propose un travail de juxtaposition des cinq textes, identifiant visuellement les variantes et modifications entre ceux-ci, intégrant une lecture audio du texte par le chanteur Johnny Cash et contextualisant à l’aide d’informations complémentaires chacune des versions de ce texte fondateur de la démocratie américaine [url/ang].

Puisqu’il s’agit d’un document à la fois constitutif de l’histoire des États-Unis (malgré certaines critiques), mythologique par son poids historique et représentatif de ce qu’il est convenu de nommer aujourd’hui un « lieu de mémoire » américain, ce document d’archives est aujourd’hui bien diffuser et accessible sur Internet sous une multitude de formes et de publications en ligne, de qualités et d’intérêts variables. En plus de son inclusion dans le projet de l’Institut nommé plus haut, le document est surtout accessible via The Abraham Lincoln Papers at the Library of Congress, les deux pages numérisées [url/ang] ainsi qu’une transcription [url/ang]. Il est également possible d’accéder à des numérisations haute résolution de ces deux pages [url/ang] + [url/ang]. Aussi, une petite « exposition en ligne » (je n’aime définitivement pas cette expression !) est accessible en permanence sur le site de la Library of Congress [url/ang]. On peut également y observer une impressionnante photographie de David Bachrach (celle qui illustre ce billet) prise seulement quelques heures avant le discours, la seule image connue à ce jour de Lincoln à Gettysburg. [Note : simplement l’histoire de cette plaque de verre de Bachrach et l’identification de Lincoln — parmi cette foule ! — par Josephine Cobb en 1952, alors « Chief of the Still Pictures Branch » aux archives nationales américaines, parmi les archives du photographe Mathew Brady, mériterait plusieurs billets en soi. De plus, en 2007, avait lieu la découverte de nouvelles plaques de verre, cette fois-ci du photographe Alexander Gardner, dont quelques-unes « permettraient » d’identifier à nouveau Lincoln ce même jour].

Plus récemment encore, les mêmes documents en provenance du fonds Lincoln conservé à la Library of Congress sont mis en valeur par l’entremise d’une coopération entre le National History Day, la National Archives and Records Administration et les USA Freedom Corps : le site internet s’intitule Our documents [url/ang].

Cela dit, voici donc une transcription produite à partir de ce site Internet de la Nicolay Copy, du nom d’un des deux secrétaires de Lincoln : John Nicolay, l’autre étant John Hay. Cet exemplaire dit Nicolay Copy est l’un des deux brouillons rédigés avant la célèbre allocution. Les trois autres versions connues du texte ont été rédigées après le discours pour figurer dans des recueils ou des anthologies. Voici les 272 mots :

« Executive Mansion,

Washington, , 186 .

Four score and seven years ago our fathers brought forth, upon this continent, a new nation, conceived in liberty, and dedicated to the proposition that « all men are created equal »

Now we are engaged in a great civil war, testing whether that nation, or any nation so conceived, and so dedicated, can long endure. We are met on a great battle field of that war. We have come to dedicate a portion of it, as a final resting place for those who died here, that the nation might live. This we may, in all propriety do. But, in a larger sense, we can not dedicate — we can not consecrate — we can not hallow, this ground– The brave men, living and dead, who struggled here, have hallowed it, far above our poor power to add or detract. The world will little note, nor long remember what we say here; while it can never forget what they did here.

It is rather for us, the living, to stand here, we here be dedica-ted to the great task remaining before us — that, from these honored dead we take increased devotion to that cause for which they here, gave the last full measure of devotion — that we here highly resolve these dead shall not have died in vain; that the nation, shall have a new birth of freedom, and that government of the people by the people for the people, shall not perish from the earth. » [url/ang]

Le 44e président élu des États-Unis, Barack Obama, a ouvertement manifesté tout au long de la campagne électorale son rapprochement avec la figure de Lincoln, ayant affirmé par exemple être inspiré de ces écrits mais voyant aussi des similarités manifestes avec le moment historique que son prédécesseur marquait dans l’évolution de la nation américaine d’alors et la situation — tout autant historique — de 2008. Ses grandes capacités d’orateur, son éloquence, l’assurance de sa prestance et les capacités rédactionnelles évidentes de son « head speechwriter », Jon Favreau (26 ans !) semblent marquer en effet un retour aux grands discours politiques américains. Il n’est donc pas vain d’évoquer les figures tutélaires d’Abraham Lincoln, Martin Luther King et John F. Kennedy pour mieux saisir le moment politique actuel. Son investiture le 20 janvier 2009 marquera sans doute le moment transitoire tant espéré depuis plusieurs années dans la politique américaine. La référence à la trajectoire de Lincoln est déjà convoquée par le thème général de la cérémonie d’investiture : « A New Birth Of Freedom », une phrase justement extraite du discours de Gettysburg [url/ang]. Puis après, le 12 février 2009 marquera le 200e anniversaire de la naissance d’Abraham Lincoln [url/ang].
_________
Source(s)

Abraham Lincoln
« Draft of the Gettysburg Address : Nicolay Copy »
.— Transcription et annotation par le Lincoln Studies Center, Knox College, Galesburg, Illinois.— Abraham Lincoln Papers at the Library of Congress, Manuscript Division (Washington, D.C.: American Memory Project, [2000-02]).— http://memory.loc.gov/ammem/alhtml/malhome.html [accédé le 19 novembre 2013].

David Bachrach Jr.
« Crowd of citizens, soldiers, and etc. with Lincoln at Gettysburg., ca. 1860 – ca. 1865 ».— War Department. Office of the Chief Signal Officer, (08/01/1866 – 09/18/1947).— Series: Mathew Brady Photographs of Civil War-Era Personalities and Scenes, compiled 1921 – 1940, documenting the period 1860 – 1865.— Archival Research Catalog, ARC Identifier 529085, http://arcweb.archives.gov/arc/, [accédé le 19 novembre 2013].

2 Comments

    • LAPEYRE
    • Posted 11 janvier 2009 at 14 h 53 min
    • Permalink

    Où peut-on trouver la meilleure traduction en Français du discours d’Abraham Lincoln à GETTYSBURG?

    Merci d’avance pour votre réponse
    Philippe LAPEYRE

    • Eric Legendre
    • Posted 13 janvier 2009 at 23 h 21 min
    • Permalink

    Pour l’instant, on peut se référer sans problème à la traduction d’André Maurois, souvent reprise dans les multiples anthologies ayant été publiées, tant en anglais, qu’en français. Tous ces ouvrages semblent cependant épuisés, mais demeurent facilement disponibles en usagé. La traduction de Maurois est accessible en ligne ici [url/fr-PDF] et semble produite à partir du cinquième exemplaire du texte — ou copie — nommé Bliss Draft. Cette version de l’Address est la seule copie à être dûment signée et datée (19 novembre 1863) par Lincoln. Les trois pages, numérisées, sont accessibles en ligne via l’Illinois Historic Preservation Agency [1], [2] et [3].

    Cependant, l’actualité entourant le bicentenaire de la naissance de Lincoln — 12 février 2009 — amène son lot de publications et rééditions, beaucoup en anglais évidemment, mais en français aussi. Il me faut absolument signaler la publication — 4 février 2009 — d’une importante anthologie de 105 documents de Lincoln aux éditions l’Archipel : « LE POUVOIR DES MOTS » [url/fr-PDF] qui comprendra, m’informe-t-on, une toute nouvelle traduction de la Gettysburg Address par Bernard Vincent. Ce dernier publie aussi au même moment une biographie de Lincoln : « L’HOMME QUI SAUVA LES ÉTATS-UNIS » chez le même éditeur. Je ne peux juger pour le moment de la qualité de la traduction ni ne sais à partir de quel brouillon elle sera produite, mais j’ai entièrement confiance au travail de M. Vincent. Dans l’ensemble, le texte original est assez simple et court, et ne représente pas un défi considérable pour la traduction.


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