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Un 7 mars, comme aujourd’hui, me permet de souligner l’anniversaire de la mort du réalisateur Stanley Kubrick. Cette année, c’est particulier, cela fait dix ans ! Je ne me lancerai pas dans un long texte analysant un aspect de son œuvre ou de sa vie… tellement tout semble déjà avoir été dit et écrit jusqu’à l’analyse plan-par-plan de son dernier film [url/ang]. Pour l’instant — mais permettez-moi d’y croire encore ! — je ne peux rien dire ici de nouveau sur ce film. Je me limiterai à ces quelques notes anodines… pour cette année.

En 1999, dans l’attente depuis un certain nombre d’années déjà du nouveau film (son précédent, Full Metal Jacket remonte à 1987), l’imaginant en période de montage et de mixage et ayant lu des échos du tournage — secret comme d’habitude — qui dura plus d’une année, l’annonce de sa mort soudaine jeta sans contredit un frisson dont je me souviens encore aujourd’hui. Comme une respiration suspendue : verrions-nous le film un jour malgré cette mort de Kubrick dans son sommeil ? Facile de croire qu’une clause de son cru dans un quelconque contrat empêcherait la sortie d’un film dont il n’aurait pas autorisé la sortie, n’ayant pas mis la touche finale au montage ou au mixage sonore. Bref, il y aura effectivement polémique dans la presse sur cet aspect, mais le film est finalement sorti. C’est d’ailleurs, avec Full Metal Jacket, les deux seuls films de Kubrick que je verrai en salle lors de leur sortie commerciale.

Dans mon entourage, je me suis longtemps senti bien seul — encore aujourd’hui — à avoir profondément aimé ce dernier film, dès les toutes premières secondes d’ailleurs et jusqu’au plan final. Je persiste encore à croire que la performance de Nicole Kidman dans ce film est l’une de ses meilleures à ce jour. Si ma mémoire est bonne, environ une douzaine de minutes seulement, parsemées dans tout le film, permettent de prendre la mesure de son talent, bien plus grand que son travail habituel ne laisse paraître. On peut même affirmer la même chose à propos de Tom Cruise dans ce film. Ce qui déjà en dit long sur les mérites de ce film et surtout sur le talent de Kubrick.

Cela dit, je me bornerai aujourd’hui à une constatation bien simple faite il y a quelques années déjà. J’ai longtemps été préoccupé par les éléments visuels de ce film, allant évidemment jusqu’à le revoir au complet, sans le son, afin de mieux me concentrer sur l’image, les cadrages, la direction artistique. Croyant injustement à la prédominance de l’aspect visuel dans le cinéma de Kubrick, on en vient parfois à oublier tout ce qui s’y dit. En effet, jusqu’à plus soif, les références visuelles sont innombrables, allant de l’autocitation de TOUS ses précédents films, aux multiples références de l’arc-en-ciel par exemple ou à la présence d’une œuvre de l’artiste Keith Haring, ou de romans de John Updike, etc.

C’est suite donc à la lecture d’un des romans de l’auteur américain William Gaddis, JR (1975), que j’ai finalement et véritablement compris — dans une scène spécifique ou dans un roman entier ! — l’importance de l’information narrative dispensée essentiellement et uniquement par les paroles des protagonistes. En effet, le roman entier de Gaddis est essentiellement construit à partir — et sur ! — les dialogues entre les personnages. C’est suite à cette lecture (plus de 1000 pages !) que j’ai compris que certaines scènes du film de Kubrick, les plus importantes peut-être, procèdent de cette même technique. C’est-à-dire que, pour être plus précis, certaines scènes dépendent uniquement des paroles échangées ou de ce que disent les personnages, sans qu’aucun élément visuel ne vienne appuyer — ou confirmer — ce qui s’est dit. Je prendrai pour exemple la scène où Alice, le personnage joué par Nicole Kidman, raconte ses souvenirs et son fantasme avec l’officier; également, la scène ou Victor Ziegler, personnage joué par Sydney Pollack, raconte en détail ce qu’y s’est vraiment produit lors de l’orgie. Rien d’autre que la parole, leurs paroles et leurs mots pour nous informer et faire progresser le récit.

Après cette simple constatation (qu’il me faudra développer un jour), le « texte » du film, tout ce qui se dit et s’échange comme paroles prend une tournure et une importance toute fraîche… allant même jusqu’à initier une (ré)réécoute entière… sans l’image… que la bande-son… « Eyes Wide Shut » !

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