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« Précis

Le présent livre n’est pas un manuel de jazz au sens traditionnel (ni une nouvelle « histoire » de ce dernier, ni un répertoire de ses musiciens, ni quelque essai sociologique, etc.), mais se veut plutôt une sorte de parcours, illustré d’exemples, de ce qui, dans le vaste univers de cette musique, me la fait aimer – ainsi que d’autres amateurs, je l’espère.

Autrement dit, puisqu’il est admis, depuis Lacan, que le désir est d’abord relation au phantasme qui en est le « soutien », lequel, en tant que « rêve éveillé », peut être lui-même rapproché de la création littéraire selon Freud, je voudrais ici, sous forme de chapitres-enseignes de diverses longueurs, esquisser la constellation des motifs qui composent, pour moi, le « désirable » du jazz : soit sa poétique plurielle. Grâce à laquelle ce dernier représente, à mon écoute, la seule véritable fondation musicale du XXe siècle occidental, en même temps que l’Autre de la musique européenne moderne et contemporaine, qu’il aura quelque peu fascinée – de Ravel à Chostakovitch.

Mais, au seuil d’une lecture visant ainsi l’évocation de maintes oeuvres jazzistes, il faut aussi préciser que, à la différence des autres supports de création artistique (livres, tableaux, sculptures, films, etc.), le disque et la vidéo de jazz – bien plus encore que ceux de la musique classique – fonctionnent en outre comme une marchandise « fétiche » et une aventureuse métonymie où la partie vaudrait arbitrairement pour le tout. Car ils ne peuvent offrir qu’un abord nécessairement fragmentaire de l’oeuvre des jazzmen qui, bien sûr, continuent de jouer et de se produire, voire d’évoluer entre deux enregistrements et maints concerts. Oeuvre qui, dès lors, en sa réception, non seulement se trouve amputée d’une plus ou moins grande partie d’elle-même, mais s’entend toujours séparée de sa continuité effective.

Ce qui implique donc que le choix des enregistrements de musiciens, ici proposés en exemples commentés ou en références dans les notes, pourra paraître quelque peu arbitraire. Mais c’est aussi le lot de toute énonciation subjective, et j’en assume le risque. D’autant que ces pages ne prétendent à aucune sorte d’exhaustivité devant la vaste matière déjà séculaire de la musique de jazz, et l’ampleur devenue mondiale de la « jazzosphère » où elle se produit, s’écoute et se commente.

Enfin, ces fréquentes mentions d’enregistrements ou de thèmes uniques ne sont pas dues à leur seule valeur d’exemplarité. Car le choix des musiques ainsi référées, si exemplaires soient-elles, provient, pour chacune, de la beauté particulière qu’elle me fait entendre. D’autant que, parfois, c’est l’écoute d’une telle singularité qui a engendré telle réflexion générale. Ce qui signifie, en outre, à propos du général et du particulier, que, ici comme ailleurs, l’un ne va pas sans l’autre. Et inversement. » [p. 13-14]

© Jean-Pierre Moussaron, L’Amour du jazz. I. Portées
Paris : Galilée (coll. « Débats »), 2009, 168 p.
ISBN : 9782718607849, 28 € (broché) [url/fr]
Les six premières pages accessibles sur le site Web de l’éditeur [url/fr-PDF]

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