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Considéré à juste titre comme un Maître — ou Ustad — et virtuose du sarod (ou sarode) — instrument de musique à 25 cordes généralement utilisé en musique indienne classique — le compositeur, musicien et enseignant Ali Akbar Khan décédait le 18 juin  2009, à l’âge de 87 ans, à son domicile en Californie.

La nouvelle, survenue une semaine avant le décès de Michael Jackson, est passée inaperçue ici, mais elle mérite grandement d’être soulignée et qu’on y revienne. Pour ma part, ces quelques réflexions…

Figure incontestée et personnalité des plus respectées en Inde, Ali Akbar Khan est également connu en Occident surtout depuis 1955 — moment charnière de la rencontre entre l’Inde et l’Occident — où, à 33 ans, en compagnie de Chatur Lal (au tablâ) et la danseuse Shantha Rao (danse Bharata natyam) ils sont devenus les premiers artistes classiques indiens à être diffusés à la télévision américaine, à l’émission Omnibus présentée par le journaliste Alistair Cook sur le réseau CBS le 10 avril 1955 [url/ang].

Invité aux États-Unis par Yehudi Menuhin, Ali Akbar Khan (suggéré à Menuhin par Ravi Shankar qui ne pouvait faire le voyage) devait également donner un récital la semaine suivante, le 19 avril, lors du festival Living Arts of India, tenu au Museum of Modern Art de New York (MoMA). Le 18 avril, soit le jour avant, alors que le musée est fermé au public, a lieu une séance exceptionnelle d’enregistrement qui devait permettre la même année la publication de l’album Music of India: Morning and Evening Ragas (Angel Records 35283), soit le premier album de musique classique indienne à être produit en occident (réédité en 1995 sous le titre Then and Now). Cette séance est aussi exceptionnelle car la technologie utilisée alors aux États-Unis permet à Ali Akbar Khan d’enregistrer des versions beaucoup plus longues qu’il ne l’avait fait auparavant — plus proches des performances en directes — surtout habitué à produire en Inde des 78 tours, donc essentiellement des pièces d’une durée d’environ 3 minutes.

Puis en 1971, il faudra se souvenir également de lui lors de sa participation au Madison Square Garden en ouverture du Concert for Bangladesh organisé par Georges Harrison.

Sans vouloir répéter ce qui a déjà été écrit, je renvoie le lecteur vers la nécrologie — en anglais — parue le 19 juin dans le The New York Times [url/ang], ou celle du 30 juin dernier — en français — dans le journal Le Monde [url/fr].

Pour plus de détails sur la rencontre en 1955 (et les suites), on pourra consulter l’ouvrage The dawn of Indian music in the West de Peter Lavezzoli (Continuum Books [url/ang]). L’auteur prend justement comme prémisse de départ à sa vaste étude cette importante séquence d’événements de 1955.

On pourra également s’informer de ses activités relatives au cinéma en consultant les données sous son nom via le site Internet Movie Database [url/ang]. À ce titre, il faut souligner qu’une des contributions les plus significatives — et ayant marqué le public cinéphile — demeure la musique composée pour le chef-d’œuvre « La déesse » (Devi – 1960) du grand Satyajit Ray. Mais le film est difficile d’accès — mal distribué et toujours en VHS ici en Amérique du Nord — et dans une copie qui mérite une restauration adéquate. Il a également composé des musiques pour un autre grand réalisateur Indien : Ritwik Ghatak (« L’Homme-auto » (Ajantrik — 1957) et deux fois pour le Britannique James Ivory (« The Sword and the Flute » (1959) et « The Householder » (1963). Ces deux derniers titres peuvent justement être revu dans la belle édition  — en DVD — des films de James Ivory chez Criterion [url/ang]. Plus récemment, il participait à la bande sonore de Ryuichi Sakamoto pour « Little Buddah » (1993) de Bernardo Bertolucci et le réalisateur Wes Andreson incluait des pièces de Ali Akbar Khan (composées pour « The Householder ») dans son film et dans la bande originale de « The Darjeeling Limited » (2007).

Au Québec, Ali Akbar Khan aura également laissé une marque importante, enseignant au début des années 60 pour les universités de Montréal et McGill et donnant annuellement des séries de conférences et récitals.

La volumineuse discographie est forcément toujours incomplète et fort probablement difficile à établir — ayant enregistré en Inde comme aux États-Unis sur plus de soixante ans ! — mais on pourra en trouver une exceptionnelle version sur le site même du Ali Akbar College of Music [url/ang], localisé à San Rafael (Californie, É.-U.).

Plusieurs extraits vidéo d’Ali Akbar Khan sont consultables sur Youtube. Je retiens pour aujourd’hui celui-ci, très beau…

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