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L’une des portes d’entrée, l’un des points d’accès — pour moi — concernant Eric Dolphy, le voici. C’est important un point d’accès, mais c’est très personnel aussi. Après, le travail d’exploration, d’excavation, d’écoutes et de lectures reste cependant à faire, mais dans la durée (et pour mémoire, cette ressource exceptionnelle [url/ang]). Mais, j’ai le temps. Eric, c’est un « ami » maintenant, il y a connivence : je m’appelle Eric aussi. Immense iceberg ce Dolphy, avec la part submergée et celle plus visible. La trajectoire de Dolphy est typique — si je puis dire — dans l’histoire du jazz : il meurt prématurément à 36 ans, un 29 juin 1964, dans des circonstances malheureuses, liées dans son cas à un diabète mal diagnostiqué. Mais, il avait eu le temps d’enregistrer beaucoup [url/ang] — surtout à partir de 1958 au sein du Chico Hamilton Quintet — et tourner davantage, notamment en Europe et avec les plus grands. En tournée, il décède à Berlin. Alors, on aborde pas un iceberg de n’importe quel angle, il y a un endroit, un lieu, un recoin ou l’abordage, l’accostage est possible…avec son petit hors-bord personnel. Ici, c’est God Bless the Child, solo, au Funkturm Exhibition Hall (Berlin), filmé par la chaîne de télévision SWF, le 30 août 1961. Il joue ici de la clarinette basse. Peu de jazzmen abordent cet instrument (je pense cependant au grand Michel Portal sur qui il me faudra revenir). J’aime beaucoup cette vidéo (malgré la mauvaise qualité de l’image et du son de cette occurrence sur YouTube), les cadrages, les fondus enchaînés. J’aime les efforts du cameraman, au début, pour cadrer tout en bas de l’image la tête de Dolphy afin d’intégrer du décor, plus haut, le mot JAZZ en grosses lettres; puis, le recarder légèrement vers la droite afin de permettre le fondu enchaîné. Dolphy se superposant à lui-même. J’aime aussi comment Dolphy, à la fin, dépose son instrument sur un trépied et quitte discrètement — humblement — la scène. Le DVD de cette prestation existe et il est très beau, bien plus beau que cet extrait — In Europe 1961-1964 (chez Impro Jazz) — et le CD existe aussi — Berlin Concerts (sur l’étiquette ENJA). Chip Stern, dans les notes rédigées pour le CD mentionne :

« The unaccompanied God Bless the Child is even better. His conception has a serpentine splendor and a total sense of control; this is also a good representation of the balance Dolphy could strike between his innate tenderness and his exploratory zest. »

« Le God Bless the Child sans accompagnement est encore meilleur. Sa conception possède une splendeur serpentine ainsi qu’un sens total du contrôle; c’est un bon exemple de l’équilibre que Dolphy peut atteindre entre sa tendresse innée et son zeste exploratoire. » [ma traduction]

Dans le livre Les musiciens de jazz et leurs trois vœux (2006) de Pannonica de Koenigswarter [url/fr], on y trouve Dolphy au nº 61 (p. 123), mais seulement avec deux vœux : « 1. Continuer à jouer de la musique toute ma vie. 2. Un appartement et une voiture à New York… C’est tout ! ».

Il aurait eu 82 ans la semaine dernière. Voilà 46 ans qu’il est parti. God Bless the Child.

One Comment

    • Marcel Pelletier
    • Posted 19 juillet 2010 at 20 h 31 min
    • Permalink

    À mon oreille de Contrebassiste, cet instrument et le musicien UNIQUE, impossible à reproduire.


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