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Photographie © Susan Mingus

1

‘In other words I am three. One man stands forever in the middle, unconcerned, unmoved, watching, waiting to be allowed to express what he sees to the other two. The second man is like a frightened animal that attacks for fear of being attacked. Then there’s an over-loving gentle person who lets people into the uttermost sacred temple of his being and he’ll take insults and be trusting and sign contracts without reading them and get talked down to working cheap or for nothing, and when he realizes what’s been done to him he feels like killing and destroying everything around him including himself for being so stupid. But he can’t — he goes back inside himself.’
‘Which one is real?’
‘They’re all real.’
‘The man who watches and waits, the man who attacks because he’s afraid, and the man who wants to trust and love but retreats each time he finds himself betrayed. Mingus One, Two and Three. Which is the image you want the world to see?’
‘What do I care what the world sees, I’m only trying to find out how I should feel about myself. I can’t change the fact that they’re all against me — that they don’t want me to be a success.’
‘Who doesn’t?’
‘Agents and businessmen with big offices who tell me, a black man, that I’m abnormal for thinking we should have our share of the crop we produce. Musicians are as Jim-Crowed as any black mother on the street and the…the…well, they want to keep it that way.’ [p. 7]

Et dans la traduction française :

1

« — En d’autres termes, il y a trois hommes en moi. L’un d’eux occupe toujours le milieu : indifférent, impassible, il observe, il attend que les deux autres le laissent s’exprimer et leur dire ce qu’il voit. Le deuxième est comme un animal apeuré qui attaque de crainte d’être attaqué. Et puis il y a un homme doux et aimant, trop aimant, qui laisse autrui pénétrer dans le saint des saints de son être, encaisse les insultes… et qui, lorsqu’il s’aperçoit qu’on l’a possédé, à envie de tuer et de détruire tout ce qui l’entoure, y compris lui-même…. Mais il ne s’y résout pas — et il retourne s’enfermer en lui-même.
— Lequel est le vrai ?
— Tous les trois.
— L’homme qui observe et attend, celui qui attaque par peur, et celui qui veut donner sa confiance et son amour, mais qui se retire en lui-même chaque fois qu’il se voit trahi. Mingus nº 1, nº 2, nº 3. Laquelle de ces images voulez-vous offrir au monde ?
— Je me moque de ce que voit le monde, j’essaie, seulement, de découvrir ce que je devrais penser de moi. Je ne peux rien changer au fait qu’ils sont tous contre moi — qu’ils se dressent contre ma réussite.
— Qui ?
— Les imprésarios, les hommes, les hommes d’affaires installés dans de vastes bureaux qui disent, à moi, un noir, que je suis anormal parce que j’estime qu’il doit nous revenir une part de la récolte que nous produisons. Les musiciens sont tout autant victimes du racisme que n’importe quel pauvre enculé de Noir et… et ils ne veulent pas que ça change. »

Premiers paragraphes de la première page de l’autobiographie de Charles Mingus. Mon exemplaire (anglais) est toujours près de moi ces temps-ci. Lecture revigorante malgré le nombre de difficultés que Mingus traverse. Le sous-titre qui accompagne l’édition originale (Alfred Knopf, New York, 1971) n’apparait nulle part dans mon édition de poche : His World As Composed By Mingus, ce qui rend justice au travail d’édition fait par Nel King.

© Charles Mingus, Beneath the Underdog
Harmondsworth, Middlesex : Penguin Books, 1980 [1971], 263 p.
ISBN : o14oo38809, 4.50 $ (broché)

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