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Le 26 juin dernier [2014], à la librairie FoRMaTS, avait lieu le lancement des deux plus récentes publications des Éditions du renard, soit Walter & Willow de la photographe Aislinn Leggett (en collaboration avec l’auteure Anne-Marie Proulx, qui signe ici des instantanés), puis Elles collectionnent des mondes des artistes Catherine Tremblay et Véronique Béland. Les Éditions du renard créées en 2012 par le photographe Louis Perreault [url/fr] est une jeune structure d’édition – qui en est ici à son 4e et 5e ouvrage – produit des livres en photographie contemporaine québécoise et travaille – selon les termes mêmes du site web des éditions : travaillent en collaboration avec des artistes désirant explorer le livre de photographies pour son potentiel narratif, poétique et conceptuel [url/fr]. Nous sommes donc ici en présence de beaux objets-livres, réalisés avec soins, avec des matériaux et des procédés d’impression de qualités, au design limpide, mais sans être ici de gros livres pour tables à café. On a vraiment l’impression de tenir en mains un court roman ou un récit. Il faut dire aussi – et c’est important – que Les Éditions du renard proposent des dialogues entre des auteurs et des photographes, offrant ainsi une lecture partagée des corpus présentées.

C’est particulièrement saisissant avec le livre Walter & Willow. La photographe Aislinn Leggett a eue accès, suite aux décès de son grand-oncle Walter et de sa grande-tante Willow à une douzaine de boîtes de carrousels remplis de diapositives prises lors de voyages pendant les années soixante-dix et quatre-vingt. De ce corpus, Leggett a sélectionnée 47 diapositives qu’elle a organisée – comme pour faire un carrousel bien à soi qu’elle nous projette. Les photographies, aux couleurs légèrement vieillies, effacées, sont présentées sans aucune indication de date ou de lieu, ni même de légende. Sont intercalées à ces images de courts textes, des instantanés, de l’auteure Anne-Marie Proulx – à chaque fois, quelques phrases tout au plus… – produisant non pas une mise en récit complexe, mais révélant d’avantage les voix (lesquelles ?) et les lieux que les images suggèrent. Ce n’est pas non plus un effet de fiction qui ici recherché, mais plutôt un effet de réel (sans miser exclusivement sur la description, mais usant plutôt d’une prose poétique). Sachant ces photographies issue du passé-voyageur d’un couple aujourd’hui décédé, à la géographie indéterminée (tantôt au Québec certes mais aussi, on l’imagine, ailleurs au Canada… sinon proche des frontières américaines), c’est un court travelogue poétique qui nous est ici proposé, captivant, mystérieux – à la frontière floue entre les rêves et les réminiscences… tellement qu’on aurait aimé qu’il dure encore plus longtemps. On a ici une photographie dite amateur (mais ne sommes nous pas tous des amateurs ?) qui à l’occasion révèle une véritable maîtrise du cadrage. C’est un très beau livre qu’on a ici entre les mains – une réussite ! – et le dialogue entre Aislinn Leggett (via Walter & Willow) et l’auteure Anne-Marie Proulx est particulièrement bien choisi.

Walter & Willow / Aislinn Leggett (avec l’auteure Anne-Marie Proulx)
Montréal, Éditions du renard, 2014 [url/fr].
ISBN 978-2-9813427-4-4
25 $
http://walterandwillow.tumblr.com/

L’autre ouvrage – au format identique – et produit également avec une réelle qualité d’exécution, propose le résultat d’une correspondance photographique que les artistes Catherine Tremblay et Véronique Béland on entretenue tout au long de l’année 2011. Le principe est simple, mais issu de contraintes précises : les artistes se sont expédié, chaque semaine, une image captée au hasard de leur vécu et de leurs occupations. Tous les dimanches, elles devaient se réexpédier l’image reçue de l’autre, rephotographiée dans leur univers respectif. Chaque image envoyée se devait d’être accompagnée d’un bref énoncé, de manière à contextualiser cette nouvelle composition. Le livre nous offre l’intégralité des images rephotographiée. Elles collectionnent des mondes retrace l’intégralité de ces échanges hebdomadaires et permet au lecteur de prendre contact avec une poésie du quotidien, questionnant le phénomène de déjà-vu. Ancrées dans la relation profonde qu’entretiennent les artistes, ces images, accompagnées de leurs textes, deviennent ainsi un travail de recherche sur les thèmes de la similitude et de la différence. [Note : La publication du livre Elles collectionnent des mondes concorde avec l’exposition que les artistes présenteront lors de La rencontre photographique du Kamouraska du 20 juin au 3 août 2014].

Elles collectionnent des mondes / Catherine Tremblay et Véronique Béland
Montréal, Éditions du renard, 2014 [url/fr].
ISBN 978-2-9813427-3-7
25 $

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