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C’est bien connu : « Elle s’ouvre à lui comme paysage et elle l’enferme comme chambre. » Walter Benjamin parle ici de la ville, précisément de Paris et de la figure du flâneur (Walter Benjamin, Le Livre des passages. Paris, Capitale du XIXe siècle, Paris, Cerf, 1989, p. 435.). La tête pleine, les mains dans les poches, les pensées évasives, les pas sur le trottoir, le reflet de soi dans les vitres des commerces, le calcul de l’argent de poche; la beauté de Paris réside aux découvertes inattendues qu’offre les angles de ses rues, radiales de la ville; il importe alors de demeurer ce visiteur attentif, contemplatif, ouvert. Avant de poursuivre mon chemin vers la première soirée du Salon de la revue, j’aperçois la magnifique Galerie Nathalie Obadia [url], 3 rue du Cloître Saint-Merri, 4e arrondissement. Il ne me restait qu’à pousser la porte (au bruit d’enfer !) et immédiatement être « enfermé » par le lieu et découvrir être en présence de tapisseries du grand Josep Grau-Garriga, artiste catalan, décédé en 2011, dont cette expo « à visée rétrospective » permet de voir dix-huit tapisseries faites à partir de 1970 jusqu’à 2011. Tapisseries certes… mais tout autant considérées comme peintures, sculptures ou alors, selon les propres termes de l’artiste : complément logique de l’architecture (André Kuenzi, La nouvelle tapisserie, Éditions de Bonvent, Genève, 1974, p. 100).

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Paisatge a la posta (Paysage a la tombée du jour), 1976. Cotton, jute, chanvre et fibres synthétiques, 180 x 165 cm.

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Détail

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Sense títol
(Sans titre), ca. 2000. Laine, coton, corde, soie, raphia, 175 x 160 cm

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(à gauche) Sense títol (Sans titre), ca. 2000. Laine, coton, corde, soie, sacs de jute, raphia, 200 x 180 cm
(à droite) Colors coneguts (Couleurs connues), 1980. Laine, coton, jute et fibres synthétiques, 190 x 205 cm.

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Raco intim (Coin intime), 1988. Jute, agave, coton, chanvre et fibres synthétiques, 190 x 120 cm.

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Drap I mès
(Tissu et davantage), 2011. Coton, tissu, jacquard, raphia, 165 x 125 cm.

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Détail du tissu jacquard intégré à la tapisserie.

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La reste de la soirée était dédiée à l’inauguration du 26e Salon de la revue – raison première de mon voyage parisien. Après avoir récupéré nos revues et accessoires et procédé à l’installation de notre kiosque, il ne nous restait qu’à accueillir le public et présenter la revue… le plus clairement possible, et le plus souvent à des gens qui ne la connaissent absolument pas. Le salon, organisé par l’association Ent’revues [url/fr], a lieu comme à son habitude au 48, rue Vieille du Temple, au Halle des Blancs Manteaux. L’accueil est chaleureux, l’ambiance à la fête.

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Bien évidemment, le plus grand des plaisirs reste celui – comme exposant, mais également comme amoureux des revues – de cette déambulation parmi les multiples revues présentes au salon, dont (plus bas) ces quelques titres – préférés déjà – et de rencontrer et discuter avec les directeurs et collaborateurs, sinon les rédacteurs, éditeurs, bref… tous ces infatigables passeurs et propulseurs culturels (que nous sommes tous !).

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La moitée/du fourbi [url/fr] et son directeur et fondateur Frédéric Fiolof [url/fr], est présente avec ses 4 magnifiques premiers numéros, dont le n° 3 (mars 2016) au dossier thématique intitulé « Visage » (au singulier), offrait une raison – mais pas la seule – d’une rencontre avec notre propre revue dont nous venions tout juste de faire paraître le n° 114 (septembre 2016) avec un dossier au même nom (« Visages » au pluriel). Connivences donc et affirmation de nos pertinences communes (littérature & appels d’airs de leur coté et arts actuels – pratiques et perspectives du notre) et de nos capacités réciproques à explorer intelligemment des thèmes à la fois éternels, mais d’une prégnante actualité. Leur plus récent n° 4 (octobre 2016) dont le dossier (généreux) mérite (aussi) de s’y attarder : Lieux artificiels, n’est pas très éloigné de cette spacialité qui nous est chère à ESPACE art actuel.

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Autre incontournable de la soirée, la structure d’Hippocampe est aussi très généreuse, du moins, son offre se décline maintenant en plusieurs secteurs : une revue semestrielle (récent n° 13 [url/fr]), un journal bimestriel (récent n° 28 [url/fr]) et l’édition de livres (dont les deux premiers titres nous étaient annoncés pour tout prochainement [url/fr]); en somme, Arts visuels, philosophie, littérature, trois secteurs riches appuyées par un site web et toute une série d’événements au fil de l’année. Hippocampe, et son rédacteur en chef Gwilherm Perthuis, propose depuis 2015 au sein de l’association Livraisons | Des revues en Rhône-Alpes, un autre événement… soit le Festival de la revue Livraisons à Lyon. Une première édition s’est déroulée au Musée des Beaux-arts et à l’École nationale supérieure des beaux-arts en juin 2015. Lors de la seconde édition en mai 2016, un focus sur quatre revues québecoises (Cinémas, Liberté, Contre-jour, Estuaire) était proposé. Il n’est donc pas exclut qu’un voyage à Lyon se prépare en 2017 !

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Troisième incontournable de la soirée (et notre voisin de table pendant tout le salon) : Recherches en Esthétique. Résolument universitaire, cette revue fondée en 1993, est publiée par le Centre d’Études et de Recherches en Esthétique et Arts Plastiques (CEREAP [url/fr]) et est rattachée depuis 2011 à l’Université des Antilles et de la Guyane. Lesdites recherches en esthétique du titre abordent un large continent regroupant les arts plastiques, l’esthétique, la philosophie, la littérature, les arts du spectacle, l’architecture, la photographie, le cinéma, la musique, la bande dessinée (…). Fondée et dirigée par Dominique Berthet, les 21 numéros de cette revue annuelle cachent – si l’on veut – le reste des autres activités du CEREAP qui, d’années en années, organisa non moins de 17 colloques (et publia autant d’Actes) autour de ses activités et recherches. Ancré dans l’espace caribéen, la revue à une portée résolument internationale, grâce notamment à un réseau de chercheurs et de contributeurs issus des quatre coins du monde.

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Autre plaisir, celui de croiser une partie de l’équipe de la revue Volume ! – La revue des musiques populaires. Longtemps espérée au Québec, mal distribuée (à l’époque), sinon à coûts prohibitifs… Volume ! est la seule revue universitaire française dédiée à l’étude des musiques populaires. Vaste programme abordé avec intelligence et rigueur en d’imposantes éditions (souvent 200, 250 pages !) et même à l’occasion en deux livraisons successives, pour exemple lors des deux n° intitulés Contre-Cultures en 2012 [url/fr] et [url/fr] ou alors ceux dédiés à La reprise en 2010 [url/fr] et [url/fr].

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